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La pandémie commence…

Dernière modification le 1 avril 2026

Bon, commençons par le début, comme vous le savez, je suis enseignant et directeur adjoint d’une école.

Tout commence au mois de février avec les premières indications relatives au Coronavirus sur le site « Portail tessinois de la didactique », j’ai trouvé les premières indications parmi les e-mails archivés, il s’agissait de la newsletter du 20 février 2020 qui nous renvoyait au site scolaire https://scuolalab.edu.ti.ch.

Coronavirus, en effet au début on l’appelait ainsi et on ne comprenait pas bien à quel point il était contagieux et à quel point il pouvait être dangereux.

En ces jours-là, on voyait aux journaux télévisés des vidéos qui montraient la situation chinoise,… mais elle était bien loin de nous.

Comme pour le SRAS (2002 – 2003), beaucoup, moi y compris, pensaient qu’il avait frappé la Chine, mais qu’il n’arriverait jamais jusqu’à nos latitudes.

Nous étions très critiques, comme pour le SRAS, beaucoup de ressources financières et logistiques avaient été investies et qui au final étaient restées inutilisées ; mais dans ce cas malheureusement nous allions bientôt devoir changer d’avis.

Le 3 mars 2020, je me suis réveillé avec de la fièvre, une migraine et un malaise général, j’ai tout de suite pensé au Coronavirus, mais très probablement c’étaient les premiers signes de la leucémie myéloïde chronique qui m’a été diagnostiquée par la suite.
J’étais mal mais rien de si dévastateur.
J’ai appelé le médecin traitant qui m’a dit de rester absolument à la maison, de m’enfermer dans ma chambre et d’éviter les contacts avec les autres membres de la famille.
Il passerait dans la journée pour me faire un test PCR afin de vérifier la présence du virus.
Cette directive me semblait assez sévère et exagérée, jusqu’à quelques instants auparavant je dormais avec ma femme et de toute façon quand je me suis levé j’avais eu des contacts avec mes enfants.
En tout cas j’ai suivi ses indications et le lendemain du test, avec grand soulagement j’ai reçu le résultat négatif.

Jusqu’à quelques semaines auparavant, tout ce qui était décrit comme négatif était à considérer comme faux, à refaire ; nous allions bientôt nous habituer à inverser la conception de négatif et positif.

En tout cas j’avais de la fièvre et donc je devais rester à la maison pendant 10 jours (ainsi le prescrivait le certificat médical), même si j’aurais préféré retourner à mes activités quotidiennes de travail et de loisirs.

Le 12 mars 2020, j’ai reçu la communication que mon directeur et collègue a contracté le Coronavirus, il semble qu’il s’agisse d’une grippe avec une forte toux, du moins ce sont les informations que j’ai reçues à cette occasion.

J’étais à la maison, mais tout compte fait j’allais bien et donc je travaillais de chez moi et j’essayais de remplacer mon collègue.
En tant qu’informaticien j’avais ce privilège, privilège qui allait bientôt devenir normalité, même si avec un investissement financier et de ressources non négligeable.

Le 13 mars 2020 est arrivée la communication officielle, lors d’une conférence de presse transmise également à la télévision, la fermeture de toutes les écoles du Canton était ordonnée. Initialement la fermeture avait été prévue jusqu’au 4 avril 2020.
En revanche pour revoir collègues et élèves en présentiel nous avons dû attendre le 30 août 2020.

À ma connaissance, une directive de ce genre n’avait jamais été émise, et la chose commençait à m’inquiéter, même si pour beaucoup c’était une exagération.

Mon école nous aurions dû attendre jusquau 1er septembre 2020 avant de revoir élèves et collègues

Le 16 mars 2020, j’ai eu le directeur au téléphone pour organiser une communication officielle avec les différentes directives adressées aux élèves et aux enseignants concernant la formation à distance que nous étions en train de développer.
C’est là que je me suis rendu compte de la gravité de la maladie, en effet mon collègue avait du mal à terminer une phrase sans devoir tousser.
J’ai appris dans les jours suivants qu’il avait été hospitalisé et qu’il était en soins intensifs ; il avait été intubé et par la suite transféré à la Clinique Luganese Moncucco.

Dans les semaines suivantes, la Division de la Formation Professionnelle m’a officiellement chargé de remplacer le directeur.

Cette période n’a pas été facile, même si très intéressante et riche en satisfactions.
En effet avec les collègues nous avons dû revoir complètement la formation ainsi que les différentes procédures de qualification et les règles de promotion pour tous les parcours de formation. Évidemment en suivant les directives données par le Département de l’éducation, de la culture et du sport (DECS).

Malgré les engagements scolaires, vu la situation je me suis proposé pour donner un coup de main dans mon ancienne profession, c’est-à-dire comme secouriste professionnel.
Pendant deux mois j’ai encore fait des gardes comme chauffeur sur l’ambulance médicalisée (SSU), véhicule de secours destiné au transport de personnel spécialisé (médecins d’urgence et/ou secouristes diplômés spécialistes).
Nous étions stationnés dans un hôtel à Bissone, de là nous couvrions tout le Sottoceneri en cas de situations critiques nécessitant l’intervention de personnel spécialisé.

À cette période les interventions étaient très laborieuses, non pas tant pour l’état des patients, mais plutôt pour les précautions sanitaires qu’il fallait prendre avant, pendant et après les interventions.
La contagiosité du virus nous imposait de désinfecter complètement les ambulances après chaque intervention avec des patients potentiellement infectés.
Cette opération nécessitait beaucoup de temps, rendant le véhicule inutilisable pendant des heures.
Une grande aide a été apportée par les miliciens de la protection civile qui se sont occupés de cette tâche.
Un plongeon dans le passé qui m’a beaucoup ému et donné encore beaucoup de gratification, comme du reste il m’en donnait par le passé.

Revenons à mon activité principale, l’école.
Les mois d’été ont été exigeants, nous avons dû conclure l’année scolaire en cours et planifier la nouvelle année scolaire.
Ceci en prévoyant toujours différents scénarios à cause du COVID (formation à distance, mixte distance et présentiel, présentiel)
Le directeur était encore malade, bien que son état de santé s’améliorait de jour en jour.
Son retour était prévu en septembre, mais nous ne savions pas encore à quel pourcentage.

Sans directeur, mes collègues et moi nous nous trouvions à devoir naviguer à vue et à improviser,… mais cela allait bien ainsi !
Le groupe était soudé et nous nous parlions quotidiennement et nous nous aidions même à distance.
Les moments où nous pouvions nous retrouver en présentiel se comptaient sur les doigts d’une main.

Cela a été exigeant mais m’a donné beaucoup de satisfactions et m’a permis de connaître l’administration et l’organisation scolaire de manière active et approfondie.

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