Dernière modification le 1 avril 2026
L’hospitalisation au Cardiocentro Ticino et la machine qui m’a maintenu en vie à partir du 31 janvier 2021 pendant 21 jours
L’entretien que Stefania (infirmière au Cardiocentro Ticino, la même Stefania qui écrivait dans mon journal d’hospitalisation) m’a fait plusieurs mois après mon retour à domicile (22 mars 2022).
Les box où j’ai été hospitalisé au Cardiocentro Ticino du 31 janvier 2021 au 23 mars 2021





Le lève-personne dont je me souviens : je me sentais léviter dans un sac et je voyais les gens en dessous de moi… je pensais que c’était une hallucination… et en partie, ça l’était !

ECMO (Extra Corporeal Membrane Oxygenation)
Je vous présente ci-dessous quelques images après la visite au Cardiocentro (9 janvier 2024) avec l’intention de comprendre ce qui m’avait sauvé la vie et pourquoi j’ai été choisi pour cette thérapie « extrême »… qui, selon les médecins, était ma seule et dernière chance !
Aujourd’hui, j’ai rencontré les perfusionnistes qui ont contribué à me soigner pendant la période où j’étais relié à l’ECMO.
Bien qu’ayant travaillé par le passé en ambulance, je ne connaissais pas personnellement cette figure professionnelle.
D’après ce que j’ai lu et ce qu’on m’a raconté, j’ai passé 21 jours relié à cette machine… la machine qui m’a sauvé la vie, pour le meilleur et pour le pire.
Je dis pour le meilleur et pour le pire car je n’en suis pas sorti indemne, non pas à cause de la machine, mais plutôt à cause du Covid qui m’a laissé de nombreux dommages permanents.
Ce sont des personnes très gentilles et très disponibles qui se sont efforcées de me faire découvrir la machine qui m’a sauvé et de m’expliquer ce qui m’est arrivé et ce que j’ai traversé pendant ces 21 jours.
Personnellement, je ne me souviens de rien, absolument rien.
Pourtant, lors de cette rencontre, un visage m’a semblé familier, comme si je connaissais déjà ce garçon ; sa voix aussi me rappelait celle d’une personne avec qui j’avais déjà échangé par le passé.
Un jeune homme avec une barbe bien soignée cachée sous le masque et avec deux yeux très joyeux, qui respiraient la joie et la jeunesse (Pietro).
Malheureusement, je ne savais ni quand ni où… il s’agit très probablement d’un éclair de conscience que j’ai eu pendant cette période où j’étais sous sédation.
Lui aussi m’a confirmé se souvenir de moi et m’a dit qu’à certains moments, on arrêtait la sédation pendant de courtes périodes afin d’évaluer mon état neurologique ; je l’ai probablement rencontré lors d’un de ces brefs moments où je sortais de la sédation.
Le revoir et le reconnaître a été très étrange, mais aussi émouvant.
Ensuite, j’ai été accueilli par Daniele qui, de manière très courtoise et professionnelle, m’a expliqué la composition, le fonctionnement, les indications, les dangers et les contre-indications de cette machine et de ce type de thérapie, Veno-artérielle et dans mon cas Veno-veineuse.
Beaucoup auraient préféré oublier.
Dans mon cas, j’ai environ 4 mois dont je ne sais pas ce qui m’est arrivé ni ce qu’ils ont fait à mon corps.
Oui, je dis à mon corps, car l’esprit est resté celui que j’avais avant la maladie, alors que mon corps, après mon réveil, est devenu un autre.
Je ne le reconnaissais plus et, 3 ans plus tard, je ne le reconnais toujours pas aujourd’hui ; les limitations que mon corps impose à mon esprit sont encore trop grandes.
Je tiens à préciser encore une fois que la « dévastation » de mon corps n’est pas due à la thérapie par ECMO, mais à la bête obscure nommée Covid.
En effet, je ne me souviens de rien ou presque de cette période, mais je dois remercier tous les infirmiers qui ont contribué à écrire mon journal d’hospitalisation.
Sans eux, je n’aurais rien eu qui me permette de reconstruire, ne serait-ce qu’en partie, ces quatre mois passés sans que mon esprit soit capable de penser et de se souvenir.
Dans une autre situation, en l’absence de pandémie, mes proches auraient pu contribuer à écrire et à décrire ce qui m’arrivait, mais hélas, dans mon cas, cela n’a pas été possible.
J’ai lu et traduit le livre que j’ai déjà mentionné précédemment, Breathe In Breathe Out: A Surviving ECMO Story d’Adam York, dans l’espoir de pouvoir le publier dans un avenir proche.
C’était un cadeau apprécié de mon infirmier et ami Paul (voir chapitre Docteur Paul) ; même si je dois avouer qu’avant de commencer à le lire, il a fallu plusieurs mois, des mois pendant lesquels j’avais peur de connaître et de savoir ce qui m’était arrivé, même à travers l’expérience d’une autre personne.
Après l’avoir lu et traduit, j’ai essayé de contacter Adam, l’auteur du livre, et j’y suis parvenu via Messenger ; il vit en Amérique, en Alabama.
Il a eu une expérience très similaire à la mienne, bien que ce ne soit pas à cause du Covid, mais d’une forme étrange de grippe ; si vous voulez en savoir plus, je vous invite à lire le livre.
N’étant pas en période de pandémie, Adam a pu bénéficier de plus de contacts de la part de sa famille qui, en plus de pouvoir lui raconter ce qui s’était passé, ont pu lui montrer des photographies et des films afin de lui permettre de reconstruire cette période.
Cela peut paraître macabre, mais personnellement, il me manque de ne pas savoir ou plutôt de ne pas voir comment je suis devenu la personne d’aujourd’hui, en un instant, en quelques semaines, en quelques mois, dans quelles conditions je me suis transformé, ou plutôt comment et dans quelles conditions mon corps s’est transformé pour devenir celui d’aujourd’hui.
ECMO, la machine qui a contribué à me sauver la vie… comme je le disais, pour le meilleur et pour le pire.
- Qu’est-ce que c’est ? Quand l’utilise-t-on ? Comment ça marche ? Pour qui ?
La documentation que j’ai reçue des perfusionnistes du Cardiocentro Ticino qui m’ont soigné et qui, par la suite, à ma demande, m’ont expliqué le fonctionnement, les indications, les dangers et bien plus encore. Merci Daniele !
- La machine :





- Le moteur qui actionne la pompe pour la circulation extracorporelle :


- La pompe à lévitation magnétique pour éviter l’échauffement par frottement et l’usure des composants compte tenu de la longue période d’utilisation




- L’oxygénateur, le filtre qui permet l’oxygénation et la régulation de la température du sang injecté au patient :





- Les canules qui transportent le sang pauvre en oxygène vers la machine et le réinjectent ensuite dans le corps du patient après avoir été oxygéné



Quelques articles et vidéos sur l’ECMO
- Un article trouvé sur https://italianjournalofnursing.it : « Soins infirmiers au patient sous ECMO hospitalisé en soins intensifs »
- Article sur https://www.annalsthoracicsurgery.org : Résultats à un an avec support ECMO Veno-veineux chez des patients atteints de COVID-19 grave (2022)